Nos conseils pour publier un premier roman

3 conseils pour publier un premier roman

Même avec toute la bonne volonté et la motivation du monde, l’écriture d’un premier roman n’est jamais une tâche aisée. Cette aventure littéraire et créative de longue haleine a de quoi décourager plus d’un jeune auteur : cohérence, mise en place de l’intrigue, travail sur la langue, rythme du récit, profondeur des personnages… Rien ne doit être laissé au hasard ! Rigueur, préparation et endurance sont de mise pour donner vie à vos histoires et espérer séduire un futur éditeur.

Cette semaine, les Éditions Baudelaire vous donnent quelques conseils pour écrire avec succès votre premier roman.

1. Bien se préparer

Définir les objectifs de son roman

Avant de vous lancer tête baissée dans un travail de rédaction pur et dur, il est important de définir les objectifs de votre roman en vous posant les bonnes questions :

  • Pourquoi écrire ce roman me tient-il à cœur ?
  • À qui s’adresse-t-il ?
  • Puis-je le résumer en quelques lignes ?
  • À quel genre appartient-il ?
  • Quelle forme va-t-il prendre ?

Loin d’être anodines, ces questions vont orienter tout votre processus d’écriture. En effet, on n’écrit pas des mémoires destinées à ses descendants de la même manière qu’un roman jeunesse, qu’un roman fantasy ou qu’une enquête policière : les codes, les attentes et le ton ne seront pas les mêmes. En définissant le genre littéraire de votre œuvre et le public auquel elle s’adresse, vous délimitez un périmètre créatif qui impactera fortement la mise en forme de celle-ci.

Ne pas sous-estimer la phase de documentation

Peu importe le genre de roman que vous souhaitez écrire, il vous sera nécessaire d’effectuer quelques recherches à un moment ou à un autre. Cette étape n’est absolument pas négligeable ! La cohérence de votre œuvre en dépend. Votre travail de recherche passe essentiellement par un travail de lecture qui vient renseigner une thématique particulière :

  • Le métier d’un personnage,
  • Les évènements qui marquent l’époque à laquelle votre histoire se déroule,
  • Les spécificités qui caractérisent le genre de votre roman, etc.

Lors de cette phase, qui peut se poursuivre tout au long du processus d’écriture, il faudra veiller à prendre un maximum de notes et à conserver toutes les ressources qui seront susceptibles de nourrir votre récit. N’hésitez pas à diversifier vos sources et vos médias d’informations : articles, essais, romans, documentaires, musées, entretiens avec des spécialistes…

Plus vos recherches seront abouties, plus vous donnerez de la consistance à l’univers que vous constituerez. Quel que soit le genre du roman qu’il vous tient à cœur d’écrire, n’oubliez pas que votre lecteur doit s’y projeter et « croire » à ce que vous écrivez.

Soigner la structure du roman

Cela va de soi, pas question de commencer à écrire sans avoir réfléchi à la structure de votre ouvrage. Pour cet exercice, il y a deux écoles :

  • D’une part, on trouve les auteurs qui planifient minutieusement, page après page, chapitre après chapitre, le déroulé des évènements.
  • D’autre part, certains écrivains préfèrent laisser une plus grande place à la spontanéité et souhaitent se faire « surprendre » par leur écriture. Plutôt que de construire un squelette extrêmement détaillé de leur intrigue, ils se reposent uniquement sur de grands arcs narratifs pour élaborer le récit.

Quoi qu’il en soit, il n’est pas nécessaire d’avoir en tête l’intrigue dans son intégralité pour commencer à écrire, certains éléments se dénoueront tout seuls au fur et à mesure de votre avancée. Néanmoins, il est tout de même préférable d’anticiper les différents mouvements qui vont rythmer le récit : pourquoi ne pas établir au minimum une frise chronologique sur laquelle vous placerez les scènes qui vous viennent en tête, tout au long de l’écriture de votre récit ?

2. Tenir le lecteur en haleine

Donner de l’épaisseur à vos personnages

N’oubliez jamais que ce sont vos personnages qui façonnent le récit. Par conséquent, leur construction, leur développement et leur évolution doivent être un point clé de votre roman. Lors de la phase préparatoire, il est tout à fait envisageable d’établir des fiches de personnages qui vous aideront à mieux les cerner et à préserver leur cohérence. N’hésitez pas à y être le plus spécifique possible :

  • Quels sont les centres d’intérêt de vos protagonistes ?
  • De quoi rêvent-ils ?
  • Quelle est leur histoire personnelle, leur parcours ?
  • Dans quel genre de climat familial ont-ils grandi ?
  • À quoi ressemblent-ils ?
  • Quel est leur genre vestimentaire ?
  • Comment parlent-ils ? etc.

Pour donner de l’épaisseur à vos personnages, vous devez rendre ceux-ci crédibles. Ils doivent être porteurs d’un vécu singulier, d’une philosophie, de valeurs et d’idées qui leur sont propres.

Gardez aussi en tête que les aventures qu’ils vont vivre vont les impacter d’une manière ou d’une autre : un personnage n’est pas immuable, il évolue au fil du récit. Si votre protagoniste est exactement le même du début et à la fin, vous êtes probablement passés à côté de quelque chose.

La création de vos personnages exige de la minutie, du détail et de la justesse : si vous ne vous intéressez pas à eux, ce n’est pas le lecteur qui le fera à votre place.

Se démarquer

Tout roman doit répondre à une règle simple : pousser le lecteur à se demander « qu’arrive-t-il ensuite ? ».

Pour capter son attention page après page, il vous faudra redoubler d’originalité et le surprendre coûte que coûte. Par conséquent, il est de votre devoir, en tant qu’auteur, d’éviter les évidences, les clichés et les lieux communs.

Pour ce faire, identifiez les enjeux, les éléments narratifs, les messages qui font la spécificité de votre texte et ne les perdez jamais de vue, sans quoi vous livrerez à vos lecteurs une histoire qu’ils auront l’impression de connaître à l’avance. Le soin que vous apportez dans la création de vos personnages et la maîtrise du genre de votre ouvrage peuvent ici faire toute la différence : subvertissez les attentes de vos lecteurs en leur faisant faire fausse route, brouillez les pistes dans la narration avec un narrateur peu fiable, par exemple, et mettez en avant l’ambivalence de vos personnages.

D’autre part, vous pouvez aussi jouer avec les attentes des lecteurs en prenant à contre-pied les clichés intrinsèques au genre choisi : déjouer le topos du « coup de foudre » dans un roman d’amour ou imaginer un roman d’épouvante qui se déroulerait à la lumière du jour, etc.

Rester cohérent

La cohérence est un principe fondamental qui doit guider toute la rédaction de votre premier roman. Elle doit transparaître dans tous les aspects de votre écriture, de la construction de l’intrigue à celle des personnages, dans le rythme du récit aussi bien que dans la langue que vous employez.

Plus votre plan préparatoire et vos fiches de personnages seront détaillés, plus il sera aisé de déceler les éventuelles incohérences dans votre trame. En effet, tout le travail que vous aurez effectué en amont, ainsi que la phase de documentation, viennent s’inscrire dans cette recherche de cohérence.

3. Relire et Réécrire

Écrire, une épreuve d’endurance

Il ne suffit pas de mettre un point final à votre premier roman pour le considérer comme terminé ! Une troisième phase commence à présent : la relecture et la réécriture. Il est temps de reprendre votre premier roman point par point afin de vous assurer que chaque élément est à sa place :

  • Tous les faits se déroulent-ils dans le bon ordre chronologique ?
  • N’y a-t-il pas quelques points à éclaircir pour éviter les « trous » scénaristiques ?

Le travail de relecture et de réécriture n’est pas à négliger, consacrez-y autant de temps que nécessaire. C’est un moment pour parcourir à nouveau son œuvre attentivement avant de le soumettre à qui que ce soit. Veillez notamment à corriger autant d’erreurs de langue que possible, votre manuscrit n’en sera que plus convaincant ! Par ailleurs, portez un regard critique sur le fruit de votre travail et ne cessez jamais de vous poser des questions :

  • Ce passage apporte-t-il vraiment quelque chose au reste de l’histoire ?
  • Mes phrases sonnent-elles correctement ?
  • N’y a-t-il pas un moyen de rendre telle ou telle scène plus percutante ?

N’oubliez pas de faire preuve de bienveillance envers vous-même : « regard critique » ne veut pas dire « sévérité » ! À ce stade, vous pouvez déjà être très fiers de ce que vous avez accompli. Ne relâchez pas vos efforts et œuvrez dans l’intérêt de votre roman. Il ne s’agit pas de le réécrire entièrement mais d’améliorer ce qui peut l’être.

Se faire relire par autrui

Pour vous aider dans cette exigeante tâche de relecture, pourquoi ne pas confier votre manuscrit à quelques personnes de confiance ? L’exercice, bien que parfois difficile, peut être très constructif. Contrairement à vous, ces personnes ne connaissent pas votre intrigue ou vos personnages dans les moindres détails. Elles sont ainsi plus à même de mettre le doigt sur des incohérences ou bien de déceler des faiblesses dans votre écriture (quelques passages qui manquent de clarté, par exemple).

Un point de vue extérieur est toujours le bienvenu et peut vous faire gagner beaucoup de temps dans votre relecture. N’oubliez pas que c’est un excellent moyen d’améliorer votre premier roman et c’est d’ailleurs à ce genre d’exercice auquel l’éditeur va vous confronter. Restez à l’écoute de vos lecteurs et ne vous offensez pas trop promptement.

_______________________

Vous l’aurez compris, l’écriture d’un premier roman est un long processus qui demande beaucoup de temps, de soin et de préparation. Fixez-vous des objectifs d’écriture réalistes et faites preuve de recul vis-à-vis de votre œuvre, mais aussi d’humilité. Des conseils bienveillants et argumentés sont toujours bons à prendre, vous jugerez de leur pertinence après les avoir réellement considérés.

Crédit image: pixabay

Cet article vous a plu ? Partagez le :